Le 602e Régiment de circulation routière (RCR) est équipé de 6 « ultra légers motorisés » (ULM). Ils ont peu à peu remplacé l'hélicoptère dans les missions traditionnellement dévolues aux régiments de circulation. Depuis septembre dernier, un des pilotes du 602e RCR est en Mauritanie pour transmettre les connaissances acquises par l'Armée de terre dans la maîtrise de ces engins très légers.

Le soleil se lève au-dessus des dunes mauritaniennes. La section de la Garde nationale montée de Mauritanie s'avance vers l'ouest. Soudain, se détachant de la lumière jaune du petit matin, un ULM survole en rase-mottes la colonne des chameliers et la dépasse avant de disparaître au loin. Aux commandes du biplace se trouvent un sous-officier mauritanien et son instructeur, le maréchal des logis-chef Clémenceau, pilote d'ULM au 602, Régiment de circulation routière (RCR) à Fontainebleau.

« Cette mission démontre que l'ULM est un engin opérationnel à 100 % dans les régiments de circulation » commente le colonel Prieur, chef de corps du 602, RCR. Il ajoute qu' entre 1990, date des premières expérimentations de l'ULM dans l'Armée de terre, et sa mise en oeuvre opérationnelle fin 1995, nous avons confirmé que cet appareil pouvait nous aider à réaliser nos missions.

 

Facilité d'utilisation en opérations

La troisième dimension a toujours été indispensable aux régiments de circulation. Elle leur permet d'anticiper en « voyant plus loin ». Jusque dans les années 80, c'est l'hélicoptère léger qui répondait le mieux à ce besoin. Mais son coût d'utilisation et d'entretien a poussé l'Armée de terre à envisager d'autres moyens. Après cinq années d'expérimentation à la Section technique de l'Armée de terre (STAT) à Toulouse, le choix s'est porté sur le Balerit 1000. « C'est un biplace deux axes, équipé radio démontable et pliable sur une remorque tractée par un P4 » explique le colonel Prieur. « Nous avons trouvé l'outil idéal ».
Un ULM est affecté à chacun des escadrons du 602 RCR. « Prendre de la hauteur » permet au circulateur de mieux « gérer l' espace terrestre ». Lorsque cet espace est « en ligne », lors du déplacement d'un escadron sur un axe, par exemple, les informations recueillies par l'ULM et transmises en temps direct par radio sont essentielles. 
Elles permettent au commandement de la manoeuvre d'éviter les embouteillages et les passages difficiles. « L'ULM, sur sa remorque, suit l'escadron. En 15 minutes, il peut décoller - sur 160 mètres - et renseigner efficacement sur le mouvement ». Pour le chef de corps, « la force de l'ULM réside principalement dans sa simplicité et sa rapidité d'utilisation ». Les « ultra légers » rendent également de grands services lors des opérations de déploiement de troupes. Ils sont alors « des nacelles suspendues au-dessus de la zone d'installation », et peuvent indiquer au responsable de la manoeuvre les endroits favorables à chaque unité.

 

Une priorité : la sécurité

 

Les ULM peuvent apporter une aide à la circulation sur « axe » ou sur « zone », mais il est difficile, en raison de leur vulnérabilité, de les imaginer au « contact ». « Ce n'est évidemment pas un engin de combat » précise le colonel Prieur, mais il est équipé d'un parachute central et, en cas de panne, il est conçu pour pouvoir planer sans difficultés. Cela n'empêche pas le 602, RCR d'accorder à la sécurité des vols une place primordiale. C'est une notion essentielle dans la formation des pilotes. Ce sont tous, au départ, des sous-officiers titulaires du diplôme spécifique « circulation routière ». Ils passent au Centre de formation et d'instruction ULM à Tours. Cette formation initiale est ensuite consolidée par les moniteurs du régiment, pour que les pilotes atteignent un niveau opérationnel. Pendant toute cette période, ils sont sensibilisés aux procédures civiles et militaires de vol en « ultra léger ». Avant chaque décollage, les pilotes se retrouvent dans la salle de briefing, semblable à celle que l'on trouve dans tous les aérodromes, avec ses cartes de couloirs aériens et les consignes du moment rappelées sur les murs, pour préparer leur plan de vol. Ils prennent connaissance de la météo et des objectifs à atteindre. Sur un tableau d'information, des articles relatant plusieurs accidents d'ULM sont affichés. « Nous sommes en contact permanent avec la Sécurité civile aérienne et le constructeur du Balerit » commente le capitaine Montoulieu, responsable de la cellule ULM, « ainsi, le moindre problème lié à l'appareil, en version civile ou militaire, nous est transmis pour information ». À partir de ce moment, les pilotes dissèquent les raisons de l'accident et décident des mesures à prendre. En plus de ces règles quotidiennes, internes au régiment, les 6 ULM sont inspectés une fois par an parle Bureau de sécurité des vols (BSV) qui dépend de VALAT. Le compte rendu de cette inspection est transmis directement au chef d'état-major de l'Armée de terre.
Le sérieux de ces procédures et des missions attribuées à l'ULM contraste avec son image d'appareil de loisir. Pour le colonel Prieur, « Cette image a été dure à chasser des esprits. Finalement, c'est sur le terrain que l'utilité des appareils a convaincu les plus réticents ». La coopération avec la Mauritanie en est la meilleure illustration.

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Extrait de Terre Magazine N°82 AVRIL 1997

Jérôme REHLINGER Photos: Johann ROUSSELOT-PAILLEY et 602, RCR

 

 

http://avions.mignet.free.fr/terre_mag/terre_mag82.htm